Timeclock (2020)

Startistician
Timeclock transforme des années de pointeuse en œuvre vivante. Chaque rayon est une journée de travail, chaque couleur une session. L’art génératif comme mémoire du temps vécu.

Ce que l’on voit d’abord, c’est un œil. Un iris déployé en centaines de rayons colorés, partant d’un centre blanc presque aveuglant pour s’étaler vers les bords dans des tonalités chaudes — ocres, terres brûlées, verts profonds.
Mais Timeclock n’est pas une abstraction. C’est un relevé. Chaque trait correspond à une journée réelle, extraite d’un fichier CSV issu d’une pointeuse utilisée pendant plusieurs années. Les heures d’arrivée le matin, la pause du midi, la reprise, le départ le soir — tout est là, encodé en angles et en longueurs.
Le script Python qui génère l’œuvre lit ces données brutes et les projette en coordonnées polaires. La journée de travail devient un rayon. Sa durée, sa longueur. Sa couleur, tirée aléatoirement d’une palette définie, matérialise la session du matin ou de l’après-midi.
Le résultat est une forme d’autobiographie industrielle. Le temps n’y est pas narré mais mesuré, accumulé, superposé. Des années de présence au travail convergent en un seul point — ce centre blanc, ce début de chaque journée — avant de rayonner vers l’extérieur.
Timeclock interroge ce que le travail laisse comme trace. Non pas un souvenir, ni une émotion, mais des données. Et pourtant, quelque chose d’organique, de presque humain, émerge de cette rigueur.

Timeclock transforms years of time-clock records into a living artwork. Each ray is a working day, each color a session. Generative art as memory of lived time.

What you see first is an eye. An iris fanning out into hundreds of colored rays, emanating from a near-blinding white center and spreading outward in warm tones — ochres, burnt earths, deep greens.
But Timeclock is not abstraction. It is a record. Each stroke corresponds to a real day, extracted from a CSV file produced by a time clock used over several years. Morning arrival, lunch break, afternoon return, end of day — all of it is here, encoded as angles and lengths.
The Python script that generates the work reads this raw data and projects it into polar coordinates. A working day becomes a ray. Its duration becomes its length. Its color, drawn randomly from a defined palette, materializes the morning or afternoon session.
The result is a kind of industrial autobiography. Time here is not narrated but measured, accumulated, layered. Years of workplace presence converge at a single point — that white center, the start of every day — before radiating outward.
Timeclock questions what work leaves behind. Not a memory, not an emotion, but data. And yet something organic, almost human, emerges from that precision.